Face à la persistance des attaques des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), un forum sur la paix a réuni autorités congolaises et ougandaises, acteurs locaux et représentants de la mission de l’Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO). Objectif : comprendre pourquoi cette rébellion, active depuis plus d’une décennie, résiste aux opérations militaires.
Beni, le cri d’une terre blessée
À Beni, la guerre n’est pas un concept mais une mémoire douloureuse. Plusieurs habitants ont perdu des proches dans les attaques attribuées aux ADF. Janvier Kasairio, venu d’Oicha, plaide pour une mobilisation nationale contre la menace. Il appelle l’État à sécuriser les zones agricoles afin que les populations puissent retourner cultiver leurs champs, symbole d’une vie normale retrouvée. La sécurité alimentaire devient ainsi un enjeu stratégique de stabilisation.
Adapter la guerre à la menace
Pour certains participants, la réponse militaire doit évoluer. Régine Okando de Beni insiste sur la modernisation des techniques de combat contre le terrorisme. Elle appelle à une posture anticipative des forces armées, capable de surprendre l’ennemi plutôt que de réagir uniquement après les attaques. Cette logique rejoint les doctrines contemporaines de contre-terrorisme qui privilégient renseignement, mobilité et prévention.
Briser les chaînes logistiques de la violence
Selon le Centre d’étude pour la promotion de la paix, des droits de l’homme (CEPADHO), les ADF auraient tué au moins 12 750 civils depuis 2014. Les résolutions du forum préconisent une stratégie nationale de lutte contre le terrorisme, la coopération internationale et la coupure des circuits économiques alimentant l’insurrection. Une task force antiterroriste, un mécanisme communautaire d’alerte précoce et un contrôle frontalier renforcé entre la République Démocratique du Congo et l’Ouganda ont été proposés.
Le pari de la présence internationale
Les participants ont également souhaité le redéploiement des casques bleus de la MONUSCO dans le territoire de Lubero, devenu un épicentre des attaques depuis début 2026.
Dans l’Est congolais, la paix apparaît moins comme un événement que comme un chantier collectif. Comme l’a rappelé Desmond Tutu : « La paix n’est pas seulement l’absence de guerre, mais la présence de justice ». Et dans le silence des champs abandonnés de Beni, cette justice reste encore à bâtir.
DW / VF7, via voltefaceinfs7.coma