L’ombre d’une loyauté fracturée

Claude Ibalanky Ekolomba, ancien coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, a été radié du regroupement politique Réveil Populaire (REPOP) après son ralliement à l’AFC/M23. Selon le communiqué officiel, ses actes constituent une auto-exclusion, incompatible avec la ligne politique et les valeurs républicaines du regroupement. Le REPOP précise que ce ralliement est un acte personnel « sans impact ni événement » sur l’échiquier national.

Le signal d’une ligne rouge

Les fondateurs du REPOP réaffirment leur attachement au chef de l’État, Félix Tshisekedi, et soulignent que leur engagement n’est ni intéressé ni opportuniste, mais guidé par des valeurs sociales, démocratiques et républicaines. Comme le rappelle Joseph Nye sur le soft power, « le pouvoir d’influence réside dans la capacité à façonner les perceptions » : ici, le REPOP cherche à préserver son image et sa légitimité politique face à l’opinion publique et internationale.

L’effet miroir de la trahison

L’apparition médiatique de Claude Ibalanky à Goma, aux côtés des autorités de l’AFC/M23, révèle les fractures internes de la scène politique congolaise. Kenneth Waltz rappelait que « les États et acteurs politiques cherchent à sécuriser leurs positions dans un système anarchique » (Waltz, 1979) : la radiation de Ibalanky illustre la volonté du REPOP de recentrer le pouvoir et protéger son ancrage républicain.

Dans un pays où loyautés et alliances se négocient à vue, le REPOP montre que l’intégrité politique demeure un levier stratégique, et que chaque geste individuel peut redessiner la perception d’un mouvement. Comme le note Alexander Wendt, « les intérêts se construisent dans la perception mutuelle » : la radiation de Ibalanky devient un message clair que trahison et complicité avec l’ennemi n’ont pas de place dans la République.

Didier BOFATSHI

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